19.06.2009
écrire
Quand il n'édite pas, l'éditeur écrit.
Vient de paraître : le 18e volume de l'anthologie annuelle de littérature fantastique Le Codex Atlanticus (ed. La Clef d'argent), avec une nouvelle inédite de Alain Kewes, le sympathique éditeur de Rhubarbe. La nouvelle en question s'appelle "le Potager révélateur" et n'est pas sans cligner tapageusement de l'oeil à un certain Poe, obscur mais génial écrivaillon du 19e siècle américain.
Le tout vaut 10 euros et peut être trouvé en librairie ou directement chez l'éditeur, 22 avenue Georges Pompidou 39100 Dole.

Quand on y pense... Un obscur pressentiment, largement partagé, sussure que derrière tout éditeur se cacherait un auteur déçu, ou frustré, ou raté, tout comme chacun sait que les journalistes sont des écrivains ratés ou des politiciens pusillanimes, et les enseignants des chercheurs restés en herbe, et les chercheurs... Enfin, vous savez bien ce qui se dit.
Qu'en est-il ? Ecrire et éditer, pour reprendre le titre d'un magazine précieux auquel j'ai eu le plaisir de collaborer (ce n'est pas pour cela qu'il était précieux, cependant), sont ils de même nature ? exclusifs l'un de l'autre ? complémentaires ?
La question est si vaste que je ne manquerai pas de lui consacrer un article un jour ou l'autre. Sans y répondre, croyez-le bien.
18:47 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
01.05.2009
critiques
Quand il n'édite pas, l'éditeur critique les livres des autres !
retrouvez à cette adresse toutes les notes de lecture que j'ai données à la revue Décharge de décembre 2003 à mars 2006 (en attendant de compléter, en amont et en aval, mais c'est du boulot et je suis bien saule (tendance sapin, si ça se trouve, wait and see).
Si vous êtes impatients, pour lire d'autres notes, je veux dire, vous pouvez toujours vous abonner à Décharge, c/o Jacques Morin 20 rue du pâtis 89130 Toucy, c'est 22 euros pour 4 numéros
23:28 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
09.04.2009
Pour Nedim GURSEL qui risque la prison
à lire de toute urgence l'article de Michel Baglin sur le Blog Texture
http://baglinmichel.over-blog.com/article-30036545.html
qui retrace l'invraisemblable imbroglio dans lequel se débat l'écrivain turc Nedim Gürsel depuis des mois, depuis la parution en Turquie de son roman "Les filles d'Allah" dont la version française au Seuil est imminente. Accusé de "dénigrement des valeurs religieuses de la population" d'un pays rappelons-le au passage, laïc, il risque jusqu'à un an de prison. Son procès s'ouvrira début mai. Quand je parlais d'urgence, ce n'était donc pas rhétorique. Michel dit tout cela bien mieux que je ne pourrais le faire. Quittez immédiatement ce blog pour vous rendre sur le sien (copiez-coller le lien dans votre navigateur, s'il n'est pas actif).
Merci pour Nedim, écrivain de grand talent et homme fondamentalement respectueux des autres.
00:51 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
06.04.2009
eric maclos - fnac, la suite
un lien sur youtube.
François-Henri Pinault, propriétaire de la Fnac et de Conforama, est resté bloqué, par des salariés mécontents, une heure, dans un taxi, à la sortie d'un comité d'entreprise européen du groupe, mardi 31 mars 2009.
>
http://www.youtube.com/watch?v=kuBJHaM55I4
18:58 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
30.03.2009
l'instant suspendu
C'est un moment très spécial que celui où arrivent de l'imprimeur les cartons d'un nouveau livre. Car ce livre qu'on a rêvé avant de le penser, qu'on a mille fois relu, dont chaque virgule devrait être en place, ce livre le voilà enfin réel, existant et... irréversible. On feuillette, fébrile le premier de la pile, d'abord rapidement pour s'assurer de l'ordre d'assemblage des cahiers (manquerait plus qu'il commence à la page 47 !), puis plus attentivement par carrotages aléatoires. Pas de coquille ? Pas de saut de page impromptu ? De défaut d'encrage ? Non, rien (quand tout va bien, évidemment). Vous vous risquez à un deuxième examen avec un autre exemplaire, considérez, peut-être hativement, que tous les autres sont du même acabit. Vous submerge alors une onde d'exaltation très égoïste (et d'autant plus délicieuse) : ce livre, qui existe donc, vous êtes le seul être au monde à l'avoir vu. Bien sûr, il y a l'imprimeur aussi et j'imagine qu'il éprouve lui aussi quelque chose, mais à cet instant, assis par terre dans le couloir au milieu des cartons éventrés, vous le comptez pour quantité négligeable. Il en voit tant passer... Tandis que vous... Le temps est comme suspendu, vous êtes dans un monde parallèle.
Germe alors une idée absurde, une idée folle comme celles que génère le Démon de la perversité d'Edgar Poe (vous savez bien : face au précipice, se dire qu'on pourrait sauter, que ce serait facile, et peut-être "intéressant"). Et si vous ne montriez jamais ce livre à personne ? Si, vous arrangeant avec l'auteur, vous le fassiez croire à quelque impondérable, quelque impossibibilité impérieuse ? Ce livre qui existe, vous seriez alors le seul à l'avoir vu. L'auteur lui-même... ah, la belle farce !
Et puis, tout compte fait, vous écartez l'idée d'un sourire. Entre nous, même en déployant des trésors d'ingéniosité et de persuasion, même en vous mettant en quatre pour le diffuser, hein, entre nous vraiment, on sera toujours assez peu à le voir... Partageons le privillège.
(A propos, le livre en question, ce 30 mars 2009 est "De l'abime ordinaire" de Ghislain Ripault. Bientôt dans toutes les bonnes librairies. Mais pas tout de suite, quand même.)
21:30 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


